Perdre son emploi suite à des difficultés économiques de l’entreprise représente une épreuve difficile. Heureusement, certaines structures doivent proposer un soutien spécifique pour faciliter la transition professionnelle. Le congé de reclassement apparaît comme une solution concrète pour les salariés touchés par un licenciement dans les grandes entreprises. Ce parcours combine formation, accompagnement personnalisé et rémunération pendant plusieurs mois, offrant ainsi une vraie chance de retrouver rapidement un poste adapté.
En bref
- Le congé de reclassement s’adresse aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de plus de 1 000 salariés ou engagées dans un PSE
- La durée varie entre 4 et 12 mois, extensible jusqu’à 24 mois pour une formation longue, avec un accompagnement personnalisé
- Le salarié perçoit au minimum 65 % de son salaire brut moyen, avec un plancher fixé à 85 % du SMIC
- Le dispositif offre formations qualifiantes, validation des acquis, périodes d’immersion et suivi psychologique pour faciliter le retour à l’emploi
- Le salarié dispose de 8 jours pour accepter ou refuser la proposition, son silence valant refus automatique
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Congé de reclassement : définition et conditions d’éligibilité
Qu’est-ce que ce dispositif de reclassement ?
Le congé de reclassement représente un dispositif d’accompagnement destiné aux salariés licenciés pour motif économique. Il offre un temps de transition pour se former, chercher un nouvel emploi ou envisager une reconversion professionnelle.
Ce mécanisme permet au salarié de bénéficier d’un suivi personnalisé avec une cellule d’accompagnement, d’actions de formation, voire d’une validation des acquis de l’expérience (VAE). L’objectif principal reste le retour rapide à l’emploi dans de bonnes conditions.
La période débute pendant le préavis, que le salarié n’exécute pas. La rupture du contrat intervient à la fin du congé ou dès que le salarié retrouve un poste.
Éligibilité et champs d’application du dispositif
Ce dispositif concerne principalement les entreprises de plus de 1 000 salariés ou celles engagées dans un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), quelle que soit leur taille. La proposition devient obligatoire pour l’employeur dans ce cadre, sauf en cas de redressement ou liquidation judiciaire.
Les salariés visés par un licenciement économique au sein de ces structures peuvent recevoir cette offre. Ils disposent alors d’un délai de réflexion de 8 jours pour accepter ou refuser le congé de reclassement après réception de la proposition.
L’acceptation engage le salarié dans un parcours structuré, tandis que le refus conduit à l’application des règles classiques de licenciement avec exécution du préavis.
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Durée, mécanismes et options pendant le congé
La durée du congé de reclassement varie généralement entre 4 et 12 mois. Elle peut toutefois être prolongée jusqu’à 24 mois lorsque le salarié suit une formation longue de reconversion professionnelle. Cette flexibilité permet d’adapter le dispositif aux besoins réels de chacun.
La durée minimale ne peut descendre sous celle des actions de formation prévues ou sous 4 mois, sauf accord explicite du salarié. Cette règle garantit un temps suffisant pour construire un projet professionnel solide.
Pendant cette période, le salarié bénéficie d’un accompagnement structuré :
- Un entretien d’évaluation pour identifier les compétences et les pistes d’évolution
- Un suivi individualisé par une cellule d’accompagnement interne ou externe
- Des formations qualifiantes ou des actions de VAE
- Des périodes de travail ou d’immersion en entreprise pour tester un nouveau secteur
- Un accompagnement psychologique si nécessaire pour surmonter cette transition
Le salarié doit informer l’employeur avant de commencer un nouvel emploi. Dans ce cas, le dispositif cesse immédiatement et le contrat est rompu.
Le mot de l’auteur
“L’engagement actif du salarié dans son parcours de reclassement constitue le principal facteur de réussite pour retrouver rapidement un emploi durable.”
Rémunération, droits et financement du congé
Le salarié perçoit au moins 65 % de son salaire brut moyen calculé sur les 12 derniers mois avant la notification du licenciement. Un plancher existe : la rémunération ne peut être inférieure à 85 % du SMIC, soit environ 1 502 € brut mensuels.
Cette rémunération bénéficie d’un statut fiscal particulier. Elle est exonérée de cotisations sociales classiques, mais reste soumise à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS).
Le financement du congé repose entièrement sur l’employeur. Celui-ci prend en charge la rémunération, les frais de formation, ainsi que les coûts liés à la cellule d’accompagnement.
Si le congé dépasse la durée du préavis, l’indemnité de licenciement peut être ajustée. Le salarié conserve ses droits à l’assurance chômage à l’issue du congé s’il n’a pas retrouvé d’emploi.
Processus et mise en œuvre pour l’employeur et le salarié
L’employeur doit proposer le congé de reclassement dans la lettre de licenciement ou par courrier séparé. Cette communication doit être claire et précise, détaillant les conditions, la durée et les modalités d’accompagnement. Nous recommandons l’usage d’une lettre recommandée avec accusé de réception pour sécuriser la démarche.
Le salarié dispose ensuite de 8 jours calendaires pour accepter ou refuser. Son silence vaut refus. En cas d’acceptation, le congé débute immédiatement à l’issue de ce délai.
La mise en place nécessite plusieurs étapes administratives :
- Consultation du comité social et économique (CSE) si l’entreprise en dispose
- Rédaction d’un document d’accord précisant le plan d’action personnalisé
- Organisation d’un entretien initial avec la cellule d’accompagnement
- Suivi régulier de l’avancement avec des points intermédiaires
La cellule d’accompagnement, interne ou externe, joue un rôle central. Elle doit disposer d’une expertise reconnue avec des outils d’évaluation et de suivi adaptés. Un plan d’action documenté favorise l’engagement du salarié et maximise les chances de réussite.
Le salarié conserve des obligations : participation active aux actions proposées, transparence sur ses démarches, respect des rendez-vous. Toute absence injustifiée peut entraîner la suspension du versement de la rémunération.
Avantages, enjeux et bonnes pratiques
Le congé de reclassement présente des avantages significatifs pour les deux parties. Le salarié bénéficie d’un temps sécurisé pour rebondir sans pression financière immédiate. Il peut acquérir de nouvelles compétences ou valider son expérience, renforçant ainsi son employabilité.
Pour l’employeur, ce dispositif contribue à maintenir un climat social apaisé lors des restructurations. Il réduit les risques de contentieux prud’homaux en montrant une réelle volonté d’accompagnement. La réputation de l’entreprise en sort également renforcée.
Quelques bonnes pratiques garantissent l’efficacité du dispositif :
- Communiquer de manière transparente sur les droits et devoirs du salarié
- Sélectionner une cellule d’accompagnement compétente avec des références vérifiables
- Proposer un éventail d’actions variées adaptées aux profils individuels
- Organiser des bilans intermédiaires pour ajuster le parcours si nécessaire
- Documenter chaque étape pour prévenir les malentendus
La sensibilisation préalable des salariés sur le fonctionnement du congé évite les refus par méconnaissance. Une présentation collective ou individuelle permet de lever les inquiétudes et d’encourager l’adhésion.
Les enjeux restent importants : un accompagnement de qualité améliore réellement les perspectives professionnelles, tandis qu’un suivi minimal risque de décevoir et de générer des tensions. L’investissement humain et financier dans ce dispositif doit être proportionné aux objectifs fixés.
Que se passe-t-il en cas de refus du salarié ?
Si le salarié refuse le congé de reclassement proposé, la procédure de licenciement économique suit son cours habituel. Le préavis doit alors être exécuté, sauf dispense de l’employeur. Le salarié perçoit son salaire normal pendant cette période.
À l’issue du préavis, le contrat est rompu et le salarié reçoit son indemnité de licenciement ainsi que ses documents de fin de contrat. Il peut alors s’inscrire à Pôle emploi et bénéficier de l’allocation chômage selon les conditions d’éligibilité classiques.
Peut-on cumuler congé de reclassement et nouvelle activité ?
Le salarié peut effectuer des périodes de travail ou d’immersion pendant le congé de reclassement. Ces périodes doivent s’inscrire dans le cadre du projet professionnel et être validées par la cellule d’accompagnement.
Si le salarié trouve un emploi stable, il doit en informer l’employeur immédiatement. Le congé cesse alors et le contrat initial est rompu. Le salarié ne peut pas cumuler la rémunération du congé avec un salaire complet d’un nouvel employeur sur une période prolongée.
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FAQ
Comment fonctionne le congé de reclassement ?
Le congé de reclassement fonctionne comme un dispositif d’accompagnement pour les salariés licenciés pour motif économique. Il inclut des actions de formation, un bilan de compétences et un suivi par une cellule d’accompagnement pour faciliter un retour rapide à l’emploi.
Quels sont les inconvénients du congé de reclassement ?
Les inconvénients du congé de reclassement incluent une indépendance limitée pour le salarié, qui doit suivre des formations et actions imposées. De plus, cela peut être perçu comme une période de stagnation par certains, surtout s’ils ne trouvent pas rapidement un nouvel emploi.
Quelle est la durée d’un congé de reclassement ?
La durée d’un congé de reclassement est généralement fixée entre 4 et 12 mois, avec une possibilité de prolongation à 24 mois pour les formations longues. Cette flexibilité vise à répondre aux besoins spécifiques de chaque salarié.
Quel salaire pendant le congé de reclassement ?
Le salaire pendant le congé de reclassement correspond à 65 % du salaire brut moyen des 12 derniers mois, avec un plancher à 85 % du SMIC. Cette rémunération est financée par l’employeur et permet de soutenir le salarié pendant sa recherche d’emploi.
Qui est concerné par le congé de reclassement ?
Le congé de reclassement concerne les salariés d’entreprises de plus de 1 000 salariés en cas de licenciement économique. Il s’applique sans condition d’âge ou d’ancienneté, l’employeur devant proposer cette option à tous les salariés concernés.
Que se passe-t-il si le salarié refuse le congé de reclassement ?
Si le salarié refuse le congé de reclassement, la procédure de licenciement se poursuit normalement. Le salarié doit exécuter son préavis et recevra son salaire habituel jusqu’à la fin de celui-ci, avant de recevoir son indemnité de licenciement.

Passée par la Sorbonne et ex avocate pendant 30 ans, Marie-Hélène Lessage apporte aujourd’hui son expertise comme professeur de sociologie à Sciences Po. Vous pouvez nous écrire sur le formulaire de contact pour toute question relative à l’un de ses écrits, nous lui transmettrons sur son email personnel.







