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L’interview de Jean-Baptiste Reignier, Plume d’Isabelle Kocher chez Engie

6 novembre 2019 | Témoignages

– Bonjour Jean-Baptiste, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jean-Baptiste Reignier, j’ai 39 ans, je travaille chez Engie depuis maintenant 6 mois. J’ai essentiellement un parcours de collaborateur politique et je travaille aujourd’hui à la Direction de la communication chez Engie où je m’occupe principalement des discours et de l’expression de la Directrice Générale Isabelle Kocher.

– Quel a été ton parcours étudiant ?

J’ai commencé par une prépa scientifique puis l’Ecole des Ponts et Chaussées, une école d’ingénieur. Après cette école, j’ai fait Sciences Po Paris et l’Ecole d’Economie de Paris. J’ai donc trois masters dans des domaines complémentaires.

– Et ton parcours professionnel ?

Mon premier travail a été de bosser en politique, à l’UMP, pendant la campagne présidentielle de 2007. Après cela j’ai été collaborateur de Xavier Bertrand, dans son cabinet au ministère du travail pendant un an et demi puis à l’UMP quand il en est devenu le Secrétaire Général.
Ensuite, on m’a proposé de rejoindre l’Elysée pour écrire des discours. J’ai été Plume à l’Elysée du Président de la République Nicolas Sarkozy, pendant un an et demi jusqu’à la fin de son quinquennat.
À la suite de ces expériences, je suis devenu Consultant pendant 2 ans puis Directeur Adjoint du Cabinet du Maire de Clamart, dans les Hauts-de-Seine (92) pendant 3 ans. J’ai ensuite monté une activité freelance de plume et de consultant en communication politique pendant 1 an et demi, j’ai ainsi continué à écrire des discours, une compétence recherchée.

– Tu t’es donc spécialisé dans l’écriture de discours…

J’ai acquis cette compétence avec le temps car je ne suis pas un littéraire de formation. Je suis devenu rédacteur de discours parce qu’en politique, on écrit beaucoup. En effet dans le milieu politique, lorsque l’on n’est pas fonctionnaire, tu évolues naturellement vers les compétences politiques davantage que vers les fonctions techniques. Et l’une des compétences politiques, c’est la communication et la rédaction de discours.
À vrai dire, j’ai toujours aimé la langue. Je suis issu d’une famille qui n’a pas forcément ce capital culturel mais dans laquelle parler correctement, écrire correctement, étaient des valeurs très importantes. Donc en développant cette compétence avec le temps, je suis devenu un professionnel dans la rédaction de discours.

– Peux-tu revenir sur tes années Sciences Po, comment y es-tu entré ?

Je suis entré à Sciences Po en 2002, pour le cycle master, en 2 ans donc. J’y suis entré sur concours qui se constituait de 3 épreuves d’admissibilité : une de culture générale, une épreuve d’anglais et une épreuve qui dépendait de tes études antérieures, et en tant que scientifique, il s’agissait d’une épreuve de note de synthèse, ainsi qu’un oral.

– Et que retires-tu de tes années à Sciences Po ?

Sciences Po est vraiment une clef pour entrer dans plein d’univers. Le fait d’avoir fait Sciences Po constitue un “signal” sur le marché de l’emploi des cadres supérieurs. Il est ainsi beaucoup plus facile d’intégrer certains postes en ayant fait Sciences Po qu’en ayant fait des masters avec des contenus académiques très forts mais d’institutions qui ne bénéficient pas du même prestige.

– Comment tu résumerais l’apport de Sciences Po dans ta carrière aujourd’hui ?

Il y a comme je l’ai indiqué précédemment, le fait d’être passé par une institution prestigieuse et un marqueur de l’élite française, ce qui rassure les futurs employeurs… Ensuite, j’ai pris beaucoup de plaisir dans certains cours mais surtout des cours d’options : un cours sur la démocratie en Amérique notamment, des cours d’anglais… J’ai tout de même fait beaucoup d’affaires publiques bien que ce ne fut pas la partie la plus “fun”.
Et puis pour moi qui ai fait beaucoup d’études scientifiques, avec des équations, suivre des cours où l’on s’interroge sur une problématique, comment on la traite, comment on répond vraiment à une question… m’a vraiment fait du bien, m’a permis de m’ouvrir.
S’investir vraiment dans les cours constitue une richesse intellectuelle incroyable qui permet de véritablement progresser. Ce qui, en tant que scientifique, revêtait une importance toute particulière. Je dirais que ça a été pour moi, un accélérateur de formation à la réflexion littéraire.

– Tu dirais donc que Sciences Po a été complémentaire dans ton parcours ?

Totalement. Car si j’avais été juste ingénieur ou diplômé d’économie, j’aurais sans doute davantage eu de mal à justifier mon intérêt pour la politique.

– Ton intérêt pour la politique est donc antérieur à Sciences Po…

J’ai toujours voulu faire Sciences Po, dès que j’ai su que cette institution existait mais le concours à l’époque était quelque chose d’impressionnant. J’étais dans un petit lycée de province où je ne me sentais pas “autorisé” à me présenter à ce concours car je ne me sentais pas assez cultivé en histoire, en philosophie pour y accéder. Par contre, j’étais doué en maths. J’ai donc utilisé, sur le plus long terme, les maths pour entrer à Sciences Po.

– Comment as-tu préparé ton entrée à Sciences Po ?

Il se trouve que dans mon école d’ingénieur, nous étions plusieurs à vouloir préparer Sciences Po. Il n’existait évidemment pas de cours dédié à cette préparation… J’ai donc demandé à la Directrice de l’enseignement de l’époque s’il était possible de “bricoler” un cours pour préparer le concours. Finalement, nous avons eu un cours intitulé “Communication écrite” avec un professeur qui avait des compétences dans le domaine et cela nous a permis de préparer le concours efficacement.

– Si tu avais un conseil à donner à un jeune qui prépare Sciences Po actuellement ?

Je lui dirais qu’il ne faut pas avoir de complexes car Sciences Po semble aujourd’hui ouvert à toutes les intelligences, davantage qu’il y a 20 ans en tout cas. Mais je lui dirais aussi qu’il faut prendre le concours très au sérieux car quel que soit le concours que l’on veut passer ou l’école que l’on veut préparer, il faut le faire à fond, ne pas calculer son effort. J’ajouterais aussi qu’on a une chance incroyable aujourd’hui avec internet : on n’a jamais eu un tel accès à la connaissance du monde, elle est en ligne ! Il faut massivement en profiter ! Je conseille également d’écouter des podcasts, notamment de France Culture. Ils sont une mine incroyable et permettent aux lycéens et aux étudiants d’approfondir leurs cours ou de découvrir de nouveaux enjeux avec un haut niveau d’exigence.

#diplômé sciences po#interview#Jean-Baptiste Reignier

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Je m’appelle Jean-Baptiste Reignier, j’ai 39 ans, je travaille chez Engie depuis maintenant 6 mois. J’ai essentiellement un parcours de collaborateur politique et je travaille aujourd’hui à la Direction de la communication chez Engie où je m’occupe principalement des discours et de l’expression de la Directrice Générale Isabelle Kocher.

– Quel a été ton parcours étudiant ?

J’ai commencé par une prépa scientifique puis l’Ecole des Ponts et Chaussées, une école d’ingénieur. Après cette école, j’ai fait Sciences Po Paris et l’Ecole d’Economie de Paris. J’ai donc trois masters dans des domaines complémentaires.

– Et ton parcours professionnel ?

Mon premier travail a été de bosser en politique, à l’UMP, pendant la campagne présidentielle de 2007. Après cela j’ai été collaborateur de Xavier Bertrand, dans son cabinet au ministère du travail pendant un an et demi puis à l’UMP quand il en est devenu le Secrétaire Général.
Ensuite, on m’a proposé de rejoindre l’Elysée pour écrire des discours. J’ai été Plume à l’Elysée du Président de la République Nicolas Sarkozy, pendant un an et demi jusqu’à la fin de son quinquennat.
À la suite de ces expériences, je suis devenu Consultant pendant 2 ans puis Directeur Adjoint du Cabinet du Maire de Clamart, dans les Hauts-de-Seine (92) pendant 3 ans. J’ai ensuite monté une activité freelance de plume et de consultant en communication politique pendant 1 an et demi, j’ai ainsi continué à écrire des discours, une compétence recherchée.

– Tu t’es donc spécialisé dans l’écriture de discours…

J’ai acquis cette compétence avec le temps car je ne suis pas un littéraire de formation. Je suis devenu rédacteur de discours parce qu’en politique, on écrit beaucoup. En effet dans le milieu politique, lorsque l’on n’est pas fonctionnaire, tu évolues naturellement vers les compétences politiques davantage que vers les fonctions techniques. Et l’une des compétences politiques, c’est la communication et la rédaction de discours.
À vrai dire, j’ai toujours aimé la langue. Je suis issu d’une famille qui n’a pas forcément ce capital culturel mais dans laquelle parler correctement, écrire correctement, étaient des valeurs très importantes. Donc en développant cette compétence avec le temps, je suis devenu un professionnel dans la rédaction de discours.

– Peux-tu revenir sur tes années Sciences Po, comment y es-tu entré ?

Je suis entré à Sciences Po en 2002, pour le cycle master, en 2 ans donc. J’y suis entré sur concours qui se constituait de 3 épreuves d’admissibilité : une de culture générale, une épreuve d’anglais et une épreuve qui dépendait de tes études antérieures, et en tant que scientifique, il s’agissait d’une épreuve de note de synthèse, ainsi qu’un oral.

– Et que retires-tu de tes années à Sciences Po ?

Sciences Po est vraiment une clef pour entrer dans plein d’univers. Le fait d’avoir fait Sciences Po constitue un “signal” sur le marché de l’emploi des cadres supérieurs. Il est ainsi beaucoup plus facile d’intégrer certains postes en ayant fait Sciences Po qu’en ayant fait des masters avec des contenus académiques très forts mais d’institutions qui ne bénéficient pas du même prestige.

– Comment tu résumerais l’apport de Sciences Po dans ta carrière aujourd’hui ?

Il y a comme je l’ai indiqué précédemment, le fait d’être passé par une institution prestigieuse et un marqueur de l’élite française, ce qui rassure les futurs employeurs… Ensuite, j’ai pris beaucoup de plaisir dans certains cours mais surtout des cours d’options : un cours sur la démocratie en Amérique notamment, des cours d’anglais… J’ai tout de même fait beaucoup d’affaires publiques bien que ce ne fut pas la partie la plus “fun”.
Et puis pour moi qui ai fait beaucoup d’études scientifiques, avec des équations, suivre des cours où l’on s’interroge sur une problématique, comment on la traite, comment on répond vraiment à une question… m’a vraiment fait du bien, m’a permis de m’ouvrir.
S’investir vraiment dans les cours constitue une richesse intellectuelle incroyable qui permet de véritablement progresser. Ce qui, en tant que scientifique, revêtait une importance toute particulière. Je dirais que ça a été pour moi, un accélérateur de formation à la réflexion littéraire.

– Tu dirais donc que Sciences Po a été complémentaire dans ton parcours ?

Totalement. Car si j’avais été juste ingénieur ou diplômé d’économie, j’aurais sans doute davantage eu de mal à justifier mon intérêt pour la politique.

– Ton intérêt pour la politique est donc antérieur à Sciences Po…

J’ai toujours voulu faire Sciences Po, dès que j’ai su que cette institution existait mais le concours à l’époque était quelque chose d’impressionnant. J’étais dans un petit lycée de province où je ne me sentais pas “autorisé” à me présenter à ce concours car je ne me sentais pas assez cultivé en histoire, en philosophie pour y accéder. Par contre, j’étais doué en maths. J’ai donc utilisé, sur le plus long terme, les maths pour entrer à Sciences Po.

– Comment as-tu préparé ton entrée à Sciences Po ?

Il se trouve que dans mon école d’ingénieur, nous étions plusieurs à vouloir préparer Sciences Po. Il n’existait évidemment pas de cours dédié à cette préparation… J’ai donc demandé à la Directrice de l’enseignement de l’époque s’il était possible de “bricoler” un cours pour préparer le concours. Finalement, nous avons eu un cours intitulé “Communication écrite” avec un professeur qui avait des compétences dans le domaine et cela nous a permis de préparer le concours efficacement.

– Si tu avais un conseil à donner à un jeune qui prépare Sciences Po actuellement ?

Je lui dirais qu’il ne faut pas avoir de complexes car Sciences Po semble aujourd’hui ouvert à toutes les intelligences, davantage qu’il y a 20 ans en tout cas. Mais je lui dirais aussi qu’il faut prendre le concours très au sérieux car quel que soit le concours que l’on veut passer ou l’école que l’on veut préparer, il faut le faire à fond, ne pas calculer son effort. J’ajouterais aussi qu’on a une chance incroyable aujourd’hui avec internet : on n’a jamais eu un tel accès à la connaissance du monde, elle est en ligne ! Il faut massivement en profiter ! Je conseille également d’écouter des podcasts, notamment de France Culture. Ils sont une mine incroyable et permettent aux lycéens et aux étudiants d’approfondir leurs cours ou de découvrir de nouveaux enjeux avec un haut niveau d’exigence.

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