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Questions Contemporaines : Comment analyser un sujet efficacement ?

9 janvier 2019 | Méthodologie

Aujourd’hui, un article de notre rubrique « Méthodologie » en partenariat avec

Avant de problématiser un sujet, une étape préliminaire demeure essentielle : celle de l’analyse du libellé. Comment s’en sortir ? En avance de phase sur celle de l’étude de la problématique, cette étape détermine déjà la compréhension du sujet que vous allez avoir et donc, aura des conséquences sur la problématique que nous ferons ultérieurement.

Quelques points importants à retenir……

1. La spécificité du sujet

Ayez toujours à l’esprit qu’il faut considérer votre sujet avec un regard neuf. Ne vous dites surtout pas que vous avez traité un sujet similaire si ce dernier n’est pas mots pour mots celui-là…

En conséquence, essayez de considérer l’unicité de votre sujet en vous demandant comment l’auteur aurait pu le formuler autrement. Déduisez en quelques différences qui vous permettront de faire ressortir des premiers éléments de votre analyse…

Exemple 1 : saisir la spécificité du sujet

« Le secret d’état est-il un frein à la démocratie ? ».

En suivant les points évoqués précédemment, on peut se demander si la réponse serait identique à un sujet qui serait écrit de la façon suivante : « Le secret est-il compatible avec tous pouvoirs démocratiques ? ».

La formulation du premier sujet montre bien que l’on veut réaliser la distinction entre « secret d’état » et « secret ». Il sera donc sans doute utile de bien expliquer la différence entre les deux notions et de réfléchir en quoi on ne pourrait pas dire que le « secret » pris au sens large de son expression dans le second sujet, ne pouvait pas convenir dans la réponse du sujet 1. On peut alors se mettre à chercher les caractéristiques de la spécificité du « secret d’état » qui permettront de bien répondre au sujet.

Exemple 2 : saisir la spécificité du sujet

« Détenir un secret est-il source de pouvoir ?

Cette dernière formulation est importante car la question posée ne dit pas « à la source » mais « source de« , ce qui prête davantage à spéculation puisqu’il peut y en avoir d’autres…

On comprend donc bien que, posée comme cela, la question « Détenir un secret est-il une source de pouvoir ? » signifie alors qu’il y a d’autres possibilités de détenir le pouvoir…Donc une réponse complète devra bien couvrir plusieurs « critères » permettant le pouvoir.

2. Les expressions à analyser

La première étape essentielle de l’analyse de votre sujet est donc d’en saisir sa spécificité. Ensuite, il faut identifier précisément les éléments du sujet qui devront être analysés. Lesquels et pourquoi certains plus que d’autres ?

Ici dans l’exemple 1, il est plus judicieux d’analyser « secret d’état » en un seul bloc plutôt que d’étudier « secret » et « état » séparément, ce qui pourrait même vous mener à des hors-sujets.

  • Repérez bien les mots ou groupes de mots auxquels vous allez consacrer une analyse rapide mais précieuse sur votre brouillon (dans ce même sujet par exemple : « secret d’état », « frein », « démocratie »). Cette analyse est une étape cruciale de la problématisation que nous verrons par la suite dans un prochain article.

 

  • Certains termes, même s’ils paraissent simples, ne sont pas toujours faciles à décrire. C’est le cas, par exemple, pour « démocratie » ou également pour « frein ». Or bien signifier ce que l’on entend par ces expressions ou mots, permettra au correcteur de mieux cerner votre réponse et d’autre part, vous lui montrerez que vous faites preuve de rigueur dans votre analyse.

 

Exemple 3 : les expressions de l’analyse du sujet

« Selon vous, la culture est-elle une source d’influence ? »

Même si, après une première lecture, on peut avoir le sentiment d’avoir bien compris le sens du sujet, il est indispensable d’analyser l’un après l’autre, chacun des termes du libellé.

Parmi ceux que nous choisissons, il y a :

  • « La culture » que nous définirons selon le sens du mot pris sous le prisme de l’individu ou celui du collectif (groupe ethnique, nation, civilisation…).
  • « L’influence » c’est-à-dire le fait de modifier des perceptions pour orienter, consciemment ou non, la pensée ou le comportement d’une personne ou d’un groupe.

Il n’y a pas de contrainte ni d’obligation mais de l’éthique et de la morale : l’influencé doit toujours avoir la possibilité de dire non, sinon, ce n’est plus de l’influence mais de la propagande ou de la manipulation. Que ce soit entre États ou entre individus, l’influence s’exerce autant qu’elle se subit.

  • « Être source de » révèle la permission de produire quelque chose, sans obligation.

Puis comme expliqué dans l’exemple 2, le fait de poser la question « la culture est-elle une source d’influence ?«  signifie bien que « en plus des autres possibilités que nous devrons évoquer, la culture peut influencer la pensée et le comportement d’autrui (groupe compris)…

En conclusion, deux solutions s’offrent à nous : disserter de manière sociologique et philosophique sur l’influence entre les êtres humains, assez complexe vous l’avouerez…ou s’intéresser aux facteurs d’influence entre des groupes d’humains unis autour d’une même cause, d’une même nation.

Cet exemple 3 démontre bien qu’en fonction de la signification accordée aux termes de votre sujet, vous allez pouvoir déduire les premiers éléments de la problématisation car le problème émergera des tensions qui peuvent exister entre les termes d’un même libellé voire entre les différents sens d’un même mot…

3.La bataille des termes ou expressions

Chaque mot d’un sujet a son importance et le concepteur du sujet ne les a sans doute pas mis par hasard.

L’analyse des termes d’un sujet met en exergue le problème qu’il n’est pas toujours évident de trouver différentes significations possibles pour les termes et expressions du sujet. Comment combattre ces termes ? En les approchant sous différents axes !

Auparavant, il y a deux choses à souligner concernant l’analyse des termes du sujet : d’une part, ne pas négliger l’importance des « petits mots » et d’autre part, dès le départ, s’intéresser au sujet dans son ensemble.

Voici une méthode qui peut vous faciliter la tâche :

  • Cernez les expressions dont le sujet peut faire référence. Par exemple, chez certain écrivain, philosophes ou auteurs plus généralement un terme peut posséder une définition précise et bien particulière. Se référer à cet environnement est donc indispensable et peut donner à quelques limites de votre étude.

La définition du bonheur en philosophie en est un exemple parfait. Le bonheur, en philosophie, peut se définir comme l’état de complète satisfaction. Dans la philosophie antique (Epicure dans : La lettre à Ménécée), le but de la vie humaine est le bonheur. La modernité est beaucoup plus pessimiste sur sa possibilité (Schopenhauer, Camus, Sartre, Kant). Entre les deux, les morales chrétiennes ont tenté de remplacer le bonheur par la vertu comme but de l’existence. 

  • Imaginez des exemples liés au sujet. Un terme, une expression ou une référence peuvent toujours être illustrés par des exemples qui vous donneront des pistes d’analyse. Et comme une analyse permet toujours de servir de point de départ pour une autre analyse, déterminez si cet exemple peut vous servir d’accroche à votre introduction…Pour définir une rupture sur un sujet du type « Les empires ont-ils toujours vocation à mourir ? », on pourra penser à la chute du mur de Berlin.

Cet exemple nous montre que le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s’effondrait sous la pression des masses. Avec lui, c’est tout le bloc de l’Est qui s’effondrait.  L’effondrement de bloc de l’Est pourrait être le symbole de la chute d’un impérialisme qui était en place à travers un pouvoir communiste datant du début du 20ème siècle. Mais la chute de ce mur peut aussi montrer que les pays de l’Est européen ont dû subir immédiatement les assauts de nouvelles puissances impérialistes, qui ont pris la place de l’Union Soviétique. La France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie, l’Autriche etc. ont alors acquis une place prépondérante dans les décisions politiques de ces pays.

  • Chassez les termes contraires qui peuvent vous permettre de mieux définir un terme. Définir un terme par son contraire peut parfois s’avérer plus simple. La définition du bonheur en philosophie en est encore un parfait exemple. Aujourd’hui, le bonheur serait plutôt défini comme un état de satisfaction complète, de complétion des désirs, caractérisé par sa plénitude et sa stabilité. A distinguer du plaisir, très éphémère, et de la joie, plus dynamique que le bonheur. On le définit également par l’absence de mal être, de malheur…
  • Pensez aux expressions courantes ou aux usages communs du terme. Sur un thème comme le secret, cela est évident…On parle de secret de Polichinelle, de services secrets, de secrets de famille, de secret d’Etat…. Partez toujours du langage courant pour définir les termes en présence. Ensuite, vous pouvez voir la connotation que prend le terme dans des expressions du langage courant.

Pour un terme comme « histoire », par exemple, on utilise l’expression « raconter des histoires », lorsque quelqu’un ment. On parle aussi d’histoire au sens de fiction (« raconter une histoire »). On voit donc immédiatement que l’histoire, comme science, comme récit, peut voir peser sur elle ce soupçon d’être fausse, mensongère ou fictive.

Un terme comme « sacrifice » ne doit pas se limiter à la mort. Le sacrifice peut aussi être l’abandon temporaire ou durable de ce qui est considéré par la quasi-totalité des gens comme essentiel à la vie (détournement des valeurs sociale, matérielle… dans les sociétés contemporaines notamment occidentales), au profit de choix paraissant altruistes ou allant contre ce que reconnait ou accepte le sens commun : sécurité, obéissance de confort…

  • Combattez les « petits mots » en identifiant ceux du sujet qui ne font pas nécessairement l’objet d’un concept, d’une définition ou d’une idée à proprement parlé et qui peuvent donc sembler être moins importants pour l’analyse et la problématisation du sujet. Or, c’est bien souvent par l’analyse de ces mots que nous verrons qu’il est possible d’élaborer une problématique originale.

« Les nations sont-elles armées pour relever les défis du 21ème siècle ?», ces « petits mots » seraient « armées » et « relever des défis ».

« Armées » signifie possédant les moyens militaires bien entendu mais ils faut aussi voir les moyens politiques, économiques, humains, ainsi que la volonté, les ressources morales et une vision du monde adaptée. On voit alors à ce stade un nombre très large de pistes possibles: mais il ne suffit pas d’être armé, encore faut-il avoir la volonté de se battre.

« Relever les défis » est à prendre dans le sens d’être capable de les définir, d’y faire face et bien entendu de les combattre avec encore une fois la volonté de les combattre. C’est aussi peut être accepté un challenge…Enfin que peut-on entendre par défis, la liste est vaste et cela préfigurera les angles sous lesquels vous aborderez le sujet (économie, climat, société, sécurité, mondialisation, valeurs…).

Bref, dès cette étape, jetez tout ce qui vous passe par la tête sur un coin de votre brouillon, vous ferez le tri par la suite..!

  • Enfin espionnez les couples conceptuels. Créez-vous un glossaire avec un certain nombre de combinaison que vous pourrez utiliser parce qu’elles peuvent être employées de manière systématique et pour lesquelles vous pourrez en tirer, des analyses connues et irréfutables. On peut citer notamment « de droit / de fait », « en théorie / en pratique », « origine / fin », « matière / forme ».

Par exemple, pour analyser un sujet sur la « religion », on pourra utiliser le couple « foi / raison ».

C’est donc bien au terme de cette « bataille » des mots ou expressions, que vous allez déjà poser les éléments qui vous mettront sur la voie d’une problématique. Généralement, on se rend compte après avoir terminé cette étape que, en fonction de la signification donnée aux termes, les réponses apportées au sujet vont différer et nous verrons cela dans la prochaine étape.

Voilà, j’espère vous avoir convaincu de l’utilité de cette démarche préliminaire qui ne sera efficace qu’à force d’entrainement.

Entrainez-vous sur des questions du quotidien, d’actualité, des thèmes déjà connus de votre concours et prenez le temps d’analyser, même rapidement, la moindre question que vous rencontrez et que vous imaginez comme un libellé de sujet possible. Vous verrez qu’à terme, vous serez capable d’analyser un sujet même qui ne vous paraissait pas évident de premier abord.

Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat avec Madissertation.fr

#Dissertation#méthodologie#questions contemporaines#Sciences Po

2 Commentaires

  1. Maxime Lauzy

    Super méthodo que cet artcile, j’espère que les prochaines étapes sur la problématisation du sujet seront publiées en temps voulu !

    Réponse
    • Elsa

      Merci beaucoup ! La suite arrive très vite !

      Réponse

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Quelques points importants à retenir……

1. La spécificité du sujet

Ayez toujours à l’esprit qu’il faut considérer votre sujet avec un regard neuf. Ne vous dites surtout pas que vous avez traité un sujet similaire si ce dernier n’est pas mots pour mots celui-là…

En conséquence, essayez de considérer l’unicité de votre sujet en vous demandant comment l’auteur aurait pu le formuler autrement. Déduisez en quelques différences qui vous permettront de faire ressortir des premiers éléments de votre analyse…

Exemple 1 : saisir la spécificité du sujet

« Le secret d’état est-il un frein à la démocratie ? ».

En suivant les points évoqués précédemment, on peut se demander si la réponse serait identique à un sujet qui serait écrit de la façon suivante : « Le secret est-il compatible avec tous pouvoirs démocratiques ? ».

La formulation du premier sujet montre bien que l’on veut réaliser la distinction entre « secret d’état » et « secret ». Il sera donc sans doute utile de bien expliquer la différence entre les deux notions et de réfléchir en quoi on ne pourrait pas dire que le « secret » pris au sens large de son expression dans le second sujet, ne pouvait pas convenir dans la réponse du sujet 1. On peut alors se mettre à chercher les caractéristiques de la spécificité du « secret d’état » qui permettront de bien répondre au sujet.

Exemple 2 : saisir la spécificité du sujet

« Détenir un secret est-il source de pouvoir ?

Cette dernière formulation est importante car la question posée ne dit pas « à la source » mais « source de« , ce qui prête davantage à spéculation puisqu’il peut y en avoir d’autres…

On comprend donc bien que, posée comme cela, la question « Détenir un secret est-il une source de pouvoir ? » signifie alors qu’il y a d’autres possibilités de détenir le pouvoir…Donc une réponse complète devra bien couvrir plusieurs « critères » permettant le pouvoir.

2. Les expressions à analyser

La première étape essentielle de l’analyse de votre sujet est donc d’en saisir sa spécificité. Ensuite, il faut identifier précisément les éléments du sujet qui devront être analysés. Lesquels et pourquoi certains plus que d’autres ?

Ici dans l’exemple 1, il est plus judicieux d’analyser « secret d’état » en un seul bloc plutôt que d’étudier « secret » et « état » séparément, ce qui pourrait même vous mener à des hors-sujets.

  • Repérez bien les mots ou groupes de mots auxquels vous allez consacrer une analyse rapide mais précieuse sur votre brouillon (dans ce même sujet par exemple : « secret d’état », « frein », « démocratie »). Cette analyse est une étape cruciale de la problématisation que nous verrons par la suite dans un prochain article.

 

  • Certains termes, même s’ils paraissent simples, ne sont pas toujours faciles à décrire. C’est le cas, par exemple, pour « démocratie » ou également pour « frein ». Or bien signifier ce que l’on entend par ces expressions ou mots, permettra au correcteur de mieux cerner votre réponse et d’autre part, vous lui montrerez que vous faites preuve de rigueur dans votre analyse.

 

Exemple 3 : les expressions de l’analyse du sujet

« Selon vous, la culture est-elle une source d’influence ? »

Même si, après une première lecture, on peut avoir le sentiment d’avoir bien compris le sens du sujet, il est indispensable d’analyser l’un après l’autre, chacun des termes du libellé.

Parmi ceux que nous choisissons, il y a :

  • « La culture » que nous définirons selon le sens du mot pris sous le prisme de l’individu ou celui du collectif (groupe ethnique, nation, civilisation…).
  • « L’influence » c’est-à-dire le fait de modifier des perceptions pour orienter, consciemment ou non, la pensée ou le comportement d’une personne ou d’un groupe.

Il n’y a pas de contrainte ni d’obligation mais de l’éthique et de la morale : l’influencé doit toujours avoir la possibilité de dire non, sinon, ce n’est plus de l’influence mais de la propagande ou de la manipulation. Que ce soit entre États ou entre individus, l’influence s’exerce autant qu’elle se subit.

  • « Être source de » révèle la permission de produire quelque chose, sans obligation.

Puis comme expliqué dans l’exemple 2, le fait de poser la question « la culture est-elle une source d’influence ?«  signifie bien que « en plus des autres possibilités que nous devrons évoquer, la culture peut influencer la pensée et le comportement d’autrui (groupe compris)…

En conclusion, deux solutions s’offrent à nous : disserter de manière sociologique et philosophique sur l’influence entre les êtres humains, assez complexe vous l’avouerez…ou s’intéresser aux facteurs d’influence entre des groupes d’humains unis autour d’une même cause, d’une même nation.

Cet exemple 3 démontre bien qu’en fonction de la signification accordée aux termes de votre sujet, vous allez pouvoir déduire les premiers éléments de la problématisation car le problème émergera des tensions qui peuvent exister entre les termes d’un même libellé voire entre les différents sens d’un même mot…

3.La bataille des termes ou expressions

Chaque mot d’un sujet a son importance et le concepteur du sujet ne les a sans doute pas mis par hasard.

L’analyse des termes d’un sujet met en exergue le problème qu’il n’est pas toujours évident de trouver différentes significations possibles pour les termes et expressions du sujet. Comment combattre ces termes ? En les approchant sous différents axes !

Auparavant, il y a deux choses à souligner concernant l’analyse des termes du sujet : d’une part, ne pas négliger l’importance des « petits mots » et d’autre part, dès le départ, s’intéresser au sujet dans son ensemble.

Voici une méthode qui peut vous faciliter la tâche :

  • Cernez les expressions dont le sujet peut faire référence. Par exemple, chez certain écrivain, philosophes ou auteurs plus généralement un terme peut posséder une définition précise et bien particulière. Se référer à cet environnement est donc indispensable et peut donner à quelques limites de votre étude.

La définition du bonheur en philosophie en est un exemple parfait. Le bonheur, en philosophie, peut se définir comme l’état de complète satisfaction. Dans la philosophie antique (Epicure dans : La lettre à Ménécée), le but de la vie humaine est le bonheur. La modernité est beaucoup plus pessimiste sur sa possibilité (Schopenhauer, Camus, Sartre, Kant). Entre les deux, les morales chrétiennes ont tenté de remplacer le bonheur par la vertu comme but de l’existence. 

  • Imaginez des exemples liés au sujet. Un terme, une expression ou une référence peuvent toujours être illustrés par des exemples qui vous donneront des pistes d’analyse. Et comme une analyse permet toujours de servir de point de départ pour une autre analyse, déterminez si cet exemple peut vous servir d’accroche à votre introduction…Pour définir une rupture sur un sujet du type « Les empires ont-ils toujours vocation à mourir ? », on pourra penser à la chute du mur de Berlin.

Cet exemple nous montre que le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s’effondrait sous la pression des masses. Avec lui, c’est tout le bloc de l’Est qui s’effondrait.  L’effondrement de bloc de l’Est pourrait être le symbole de la chute d’un impérialisme qui était en place à travers un pouvoir communiste datant du début du 20ème siècle. Mais la chute de ce mur peut aussi montrer que les pays de l’Est européen ont dû subir immédiatement les assauts de nouvelles puissances impérialistes, qui ont pris la place de l’Union Soviétique. La France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie, l’Autriche etc. ont alors acquis une place prépondérante dans les décisions politiques de ces pays.

  • Chassez les termes contraires qui peuvent vous permettre de mieux définir un terme. Définir un terme par son contraire peut parfois s’avérer plus simple. La définition du bonheur en philosophie en est encore un parfait exemple. Aujourd’hui, le bonheur serait plutôt défini comme un état de satisfaction complète, de complétion des désirs, caractérisé par sa plénitude et sa stabilité. A distinguer du plaisir, très éphémère, et de la joie, plus dynamique que le bonheur. On le définit également par l’absence de mal être, de malheur…
  • Pensez aux expressions courantes ou aux usages communs du terme. Sur un thème comme le secret, cela est évident…On parle de secret de Polichinelle, de services secrets, de secrets de famille, de secret d’Etat…. Partez toujours du langage courant pour définir les termes en présence. Ensuite, vous pouvez voir la connotation que prend le terme dans des expressions du langage courant.

Pour un terme comme « histoire », par exemple, on utilise l’expression « raconter des histoires », lorsque quelqu’un ment. On parle aussi d’histoire au sens de fiction (« raconter une histoire »). On voit donc immédiatement que l’histoire, comme science, comme récit, peut voir peser sur elle ce soupçon d’être fausse, mensongère ou fictive.

Un terme comme « sacrifice » ne doit pas se limiter à la mort. Le sacrifice peut aussi être l’abandon temporaire ou durable de ce qui est considéré par la quasi-totalité des gens comme essentiel à la vie (détournement des valeurs sociale, matérielle… dans les sociétés contemporaines notamment occidentales), au profit de choix paraissant altruistes ou allant contre ce que reconnait ou accepte le sens commun : sécurité, obéissance de confort…

  • Combattez les « petits mots » en identifiant ceux du sujet qui ne font pas nécessairement l’objet d’un concept, d’une définition ou d’une idée à proprement parlé et qui peuvent donc sembler être moins importants pour l’analyse et la problématisation du sujet. Or, c’est bien souvent par l’analyse de ces mots que nous verrons qu’il est possible d’élaborer une problématique originale.

« Les nations sont-elles armées pour relever les défis du 21ème siècle ?», ces « petits mots » seraient « armées » et « relever des défis ».

« Armées » signifie possédant les moyens militaires bien entendu mais ils faut aussi voir les moyens politiques, économiques, humains, ainsi que la volonté, les ressources morales et une vision du monde adaptée. On voit alors à ce stade un nombre très large de pistes possibles: mais il ne suffit pas d’être armé, encore faut-il avoir la volonté de se battre.

« Relever les défis » est à prendre dans le sens d’être capable de les définir, d’y faire face et bien entendu de les combattre avec encore une fois la volonté de les combattre. C’est aussi peut être accepté un challenge…Enfin que peut-on entendre par défis, la liste est vaste et cela préfigurera les angles sous lesquels vous aborderez le sujet (économie, climat, société, sécurité, mondialisation, valeurs…).

Bref, dès cette étape, jetez tout ce qui vous passe par la tête sur un coin de votre brouillon, vous ferez le tri par la suite..!

  • Enfin espionnez les couples conceptuels. Créez-vous un glossaire avec un certain nombre de combinaison que vous pourrez utiliser parce qu’elles peuvent être employées de manière systématique et pour lesquelles vous pourrez en tirer, des analyses connues et irréfutables. On peut citer notamment « de droit / de fait », « en théorie / en pratique », « origine / fin », « matière / forme ».

Par exemple, pour analyser un sujet sur la « religion », on pourra utiliser le couple « foi / raison ».

C’est donc bien au terme de cette « bataille » des mots ou expressions, que vous allez déjà poser les éléments qui vous mettront sur la voie d’une problématique. Généralement, on se rend compte après avoir terminé cette étape que, en fonction de la signification donnée aux termes, les réponses apportées au sujet vont différer et nous verrons cela dans la prochaine étape.

Voilà, j’espère vous avoir convaincu de l’utilité de cette démarche préliminaire qui ne sera efficace qu’à force d’entrainement.

Entrainez-vous sur des questions du quotidien, d’actualité, des thèmes déjà connus de votre concours et prenez le temps d’analyser, même rapidement, la moindre question que vous rencontrez et que vous imaginez comme un libellé de sujet possible. Vous verrez qu’à terme, vous serez capable d’analyser un sujet même qui ne vous paraissait pas évident de premier abord.

Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat avec Madissertation.fr

#Dissertation#méthodologie#questions contemporaines#Sciences Po

2 Commentaires

  1. Maxime Lauzy

    Super méthodo que cet artcile, j’espère que les prochaines étapes sur la problématisation du sujet seront publiées en temps voulu !

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    • Elsa

      Merci beaucoup ! La suite arrive très vite !

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